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Mon copain prends de la cocaine

Par Sousou_31

71 réponses


Chaxang - 28/11/2023 à 10h44

Bonjour merci à ce fil de repoper....

Moi c'est de pire en pire...
Gros craquage ya plus d'un mois a son anniv, depuis rien. Qques pétard qques verres a la limite mais pas une trace de c et suivi en hôpital de jour.
Par contre la dep qui remonte ... Il prend des antipsychotique a priori ça le zombifie.
La semaine dernière en hôpital de jour ya un mec qui a proposer de la c chez lui il a pas su dire non et a pris deux traces.
Il rentre me mens mais je capte.
Le jeudi, cette fois alors que j'ai la.jambe cassée et que je l'avais appeler pour qu'il rentre tôt ayant besoin d aide il est retourné chez le mec et cette fois ils ont acheté.
Il a pas menti me l'a dit mais je suis restée seule avec ma jambe le chien a promener toute la soirée.
On a mis les choses aux clair après une grosse crise : il décide de plus fréquenter le gars pour pas que le craquage soit rechute.
Jsuis ferme et je lui dit clairement que s'il s'y tient pas je pète un câble.

Le gars passe ce soir a la maison me rendre de l argent, mon copain descend lui demande s'il a de la drogue l'autre lui dit oui...

J'ai débarqué au bar où je savais qu'ils étaient j'ai démoli le gars en public le traitant d'irresponsable qu'il foute la paix a ceux qui veulent s'en sortir et qu'il touche pas a mon mec , mon mec disait que le pauvre y est pour rien et que justement ils parlaient de plus se voir ...
On s'est gueulé dessus.

Jsuis partie et mon mec a passer la nuit chez l'autre gars a taper toute la nuit. Jusqu'à demander de l argent à une autre nana de son groupe a l'hôpital.

Il a pas ses clefs pour rentrer plus de batterie il est hors de question qu'il revienne à la maison pendant au moins une semaine même si c'est chez lui je veux plus le voir ...
J'ai tout essayé .
Bienveillance discussion support soutien la veille il décide de plus voir ce mec le lendemain il y va. Il me plante quand je suis handicapé.

Le pire c'est qu'il m'a dit qu'il serait jamais aller passer la nuit dehors chez l autre mec si j'avais pas fait un scandale
Et puis quoi encore il est adulte responsable il était pas obligé d'aller chez le type.

Je souffre

J'ai appeler son service de l hôpital de jour pour tout leur dire sur l'autre mec qui vient donner des stup a ceux qui essaient de s'en sortir.
Mon mec lui doit refaire une cure dans deux semaines
J'ai demander à l hôpital de jour s'il pouvait lui mettre une semaine de plus parce que la c'est pas un craquage c'est une rechute

Voila.
Je suis désespérée

Sousou_31 - 29/11/2023 à 11h14

Bonjour ..

Soso je comprends ta colère et frustration…
Pas simple d’être la compagne d’une personne addict…
Je pense qu’on a beaucoup d’attente envers eux qu’ils sont incapables de nous donner (attention, séduction..). Je te l’écris mais je me le dis à moi même …

Pour les fêtes de Noël je te comprends. Je le comprends lui aussi… c’est un moment festif ou l’alcool est souvent la malheureusement… Ils doit sans doute être pris d’un élan de confiance et pense que ça ira. Je suis toute fois d’accord avec toi sur la porte ouverte …
Je ne pense pas que ça soit prudent mais qu’elle solution pour passer les fêtes ? Qu’il soit seul ? Ou vous le faite juste ensemble ? …

Je vois que tu parle du CSAPA, mon conjoint est enfin allé dans un AAT. Il a rencontré un psy, il est ressortie en pleurant car il a eu quelques prises de conscience. Notamment sur le fait que je ressens de la trahison… il a enfin compris ça. Il a eu un second rdv qui a duré 20 min tu sais si c’est normal ?

Comme ton conjoint il est entrain d’arrêter l’alcool, car il dit que c’est quand il voit qu’il consomme le reste… mais … il y arrive pas tellement et je comprends que ça puisse prendre du temps…
Il a réussi à dire non à un pote pour boire un verre alors qu’il y avait des bars autour, mais en rentrant il a bu…

Je reviens sur le regard des gens, je comprends ton ressenti…
J’ai prévu d’organiser une soirée à la maison avec mes copines… je leur ai dit « s’il vous plaît ne le juger pas ».. elles m’ont rassuré à ce sujet.. peut être que si tu as peur de ça tu peux en faire part à tes proches avant la soirée ? Dit toi aussi qu’il est à peine dans son processus de guérison et que la rechute en fait partie …

Je te souhaite beaucoup de courage ..

Sousou_31 - 29/11/2023 à 11h20

Coucou Chaxang..

J’espère que tu vas un peu mieux ?
Je bosse avec des personnes psychotiques … et selon le traitement oui c’est des zombie malheureusement…

Je comprends ta colère contre ce gars, mais je pense qu’il est lui même addict alors comment veux tu qu’il capte que le fait de proposer à un autre qui essaie d’arrêter n’est pas top ?

Par contre le fait qui joue sur la culpabilité « tu m’aurais pas mis dehors j’y serai pas aller » ce n’est pas cool. Tu n’est en rien responsable de cette conso la … comme tu le dis il est adulte et est responsable de ses actes addictions ou pas..

Essaie de te protéger malgré tout. Malheureusement il fait ses choix, et ils lui appartiennent…
Pour ma part j’ai écris une lettre à mon mec ou je lui dis tout ce que je ressens à ce sujet. Ma colère, ma tristesse… zéro reproches juste mes ressentie et sentiments. Peut être que tu pourrais essayer ça pour qu’il prenne conscience ? J’ai écrit la lettre mais je lui ai lu également …

Je te souhaite du courage, j’espère que ça s’apaisera dans les prochains jours…

Emiliea - 04/12/2023 à 11h49

Bonjour à tous,

J'ai le même cas avec mon compagnon.
Nous nous sommes mis ensemble il y a un et demi. Il me disait qu'il n'en prenait plus. Au fil des mois, j'ai découvert qu'il en consommait toujours. Ce week-end, repas avec son club de foot. Il ne m'a pas donné de nouvelles de 2h du matin jusqu'à ce que j'arrive à le retrouver vers 18h dans un bar.
Il a passé sa soirée en boite, à consommer, after chez un "copain" qui deal et consomme. Je l'ai retrouvé dans un état lamentable. Je suis désemparée face à cette situation. Dans 3 semaines, il a un rdv pour cette addictions.
Je vois que nous sommes tous dans la même situation et que nous souhaitons les aider mais seul eux-mêmes peuvent le faire malheureusement.
Pouvez-vous me dire s'il y a une possibilité qu'il soit hospitalisé ? Est-ce que la famille peut participer à ces rdv ?
Que faites-vous pour faire face à la situation ?

Byce - 04/12/2023 à 17h19

Bonjour tout le monde !

Je suis contente de vous lire, j’ai lu vos derniers écris et comme toujours je suis de tout cœur avec vous ! Vous êtes tellement courageuses !
Vos réactions sont normales fasse aux rechutes de vos partenaires, ne culpabilisez pas.
Les phases dites de craving sont normales dans le processus de guérison. J’espère qu’aujourd’hui tout va bien pour vous et pour eux.

J’ai rechuté aussi, quelque fois en soirée. Mais au lieu de me faire des énormes poutres et de consommer 1g en une soirée, j’ai consommé « raisonnablement ». C’est à dire 2-3 lignes sur 2 week end.

Je suis toujours suivie dans le centre d’addictolige de ma ville. J’ai énormément culpabiliser lors de mes consommations. L’équipe pluridisciplinaire m’a dit que c’était normal et qu’il ne fallait pas que je m’auto sabote, le chemin vers la guérison se fait petit à petit. J’ai été rassurée…. Je me suis rendue compte également que je consommais lorsque j’avais vécu des évènements qui m’affectent fortement émotionnellement ou quand je rencontre une difficulté dans mon quotidien. J’ai ce besoin irrépressible et incontrôlable de me couper de tout. Je me replonge dans le déni…

J’arrive à capter de plus en plus mes moments de faiblesse. Dès que je ne suis pas assez forte mentalement et que j’ai une soirée de prévu. Je ne sors pas… je suis assez fière de pouvoir me mettre des limites toute seule…

J’ai fait un exercice avec le médecin addictologue qui peut, peut être vous aider.
On a fait un tableau de visualisation
A gauche: ce j’aime dans ma consommation de C
A droite: ce que je déteste.
Et au fur et à mesure, je me suis rendue compte qu’il y avait plus de chose que je détestais… ça m’a beaucoup aidé de faire ce tableau. Dès que j’ai une envie, je me rappelle qu’il y a plus de choses que je déteste.
Peut être que si vous en avez envie, vous pouvez proposer à vos amoureux d’en faire un s’ils sont d’accord ☺️
Ça peut faire prendre conscience des mécanismes et schémas toxiques à changer.

N’hésitez pas si vous avez des questions.

Je vous souhaites une très belle soirée !
Et n’oubliez pas ! vous êtes des queens ♥️

Sousou_31 - 05/12/2023 à 16h05

Coucou
Byce bravo félicitations soit fière de toutes les petites victoires…

Emiliea je te souhaite malheureusement bienvenue ici …
Perso pour faire face je fais un jour après l’autre … mais de mon côté c’est très difficile je m’essouffle de plus en plus …
Je pense oui que les familles peuvent participer, ils accompagnent aussi les proches…
Pour l’hospit je ne sais pas comment ça fonctionne …

Ça va pas aujourd’hui je suis malade, et lui bah il continue de boire.
La il est partie à l’instant chez un pote qui consomme alcool et c…
Il me dit « il en prendra pas y a son fils » mais en attendant je l’ai tjr vue bourré ce mec… il retiens pas les leçons c’est pas possible. Je me retrouve solo, en colère et malade.

Il me dit « j’essaie de ralentir déjà et pas boire seul aussi » Mouais jeudi dernier je suis rentré il était bourré il a vomit… hier soir encore il buvait seul.

Je le lasse sérieusement ….

Chaxang - 05/12/2023 à 22h58

Bonjour à tous happy

Je me rends compte que je vous ai un peu trop vite abrégé la suite de l'histoire avec mon copain ...
Voila un petit récap, j'trouve ca important de voir d'où l'on vient... Perso je reste tellement desespérée.... écrire tout ça me permet de prendre du recul et vous permettra peut être d'appréhender les étapes...

Pour reprendre le passif :
Il y a trois ans :
On se met en couple, on habite vite ensemble, il est consommateur " récréatif ", il a commencé tot ( vers ses 15 ans , graduellement , pour s'amuser ) je mets des guillemets parce que sans que ca soit des consommations excessives, alcool quasi quotidien, stupéfiant (cocaine / ketamine / lsd / 3 mmc ... ) quelques fois par mois mais récurent. et sans problématiques dans la vie quotidienne.

Il y a deux ans :
Commencent les crises : consommation compulsive, irrépressibles à des moments inopportuns, négligences de certaines responsabilités, prises de risques ( conduite sous stup, fuite toute la nuit pour aller se droguer), il fait une depression lors du décès de mon père. Commence à consulter pour la depression.

Il y a un an et demi :
Suite à des crises de plus en plus prononcées, il en vient à "comprendre" qu'il a un problème de toxicomanie,
Je le pousse à consulter, Il se reprend un peu, période plus calme, les crises s'espacent sans s'arrêter pour autant.

Il y a un an jour pour jour :
Il apprend que sa mère a un cancer (actuellement en rémission) et pendant trois mois, jusqu'au mois de mars dernier, il va littéralement péter les plombs. Dépenses inconsidérées aux casinos, mensonges, prise de cocaine 2/3 g par semaine, en cachette, je découvre tout en mars, parce qu'il m'a pris 140 euros sur mon compte privé, le compte commun est vide, personne n'a voulu lui donner d'argent, il a du faire un emprunt, il n'a pas payé le loyer, il part dix jours de la maison à ma demande, grosse mise au point il décide de se soigner et se faire suivre par une psychiatre spé en addicto.
Tout les dix jours environs il tape une crise où il part toute la nuit, plus de nouvelles jusqu'au matin.

Mai 2023
Alors qu'il donnait l'impression de gérer ses conso ... il re ment. il est contrôlé positif à la cocaïne lors d'un contrôle routier, perd son permis, perd son taf... ma position est ferme : soit il va en cure et décide de se soigner une bonne fois soit c'est fini car la confiance est perdue.
Il accepte de rentrer en cure...

Juillet /Aout 2023 :
Cure et post cure ... 8 semaines en tout. Durant lesquelles il arrivera a craquer néanmoins 3 fois. Il veut rester en cure, on le lui refuse au motif qu'il est encore ambivalent dans sa démarche.
Il continue a se soigner en hopital de jour.

Septembre :
Dès sa sortie de cure : il craque, une fois par semaine, direct.
Il ne ment plus par contre et j'ai appris à accueillir ces phases plutôt que de le rejeter.
A son dernier craquage il décide de détruire sa carte bleue.

Octobre
C'est son anniversaire , il va fêter ca avec des amis d'enfance consommateurs aussi, qui, bien que sachant sa situation, achètent 6g de coke qu'ils tapent ensemble sur un week end de trois jours.
Il me ment prétend que c'est un seul g dû à l'un des comparses " par erreur " ( j'ai découvert ca il y a une semaine )

Novembre :
Son premier mois TOTALEMENT SOBRE de cocaine ( quelques bières, quelques joints, une bonne depression, beaucoup de valium pour tenir ) mais il tient mais ...

Fin novembre
A l'hopital de jour, il se lie d'amitié à beaucoup d'autres patients, groupe soutenant, mais ... ils ne sont pas tous au meme stade, et notamment un qui consomme toujours aussi régulièrement ... un après midi ils vont chez le gars, le gars en a, ils tapent tous une ligne ou deux.. .
Soulagement de mon mec dans son craving, mais re mensonge, il prétend qu'ils ont juste fumé des pétards et dans la même semaine, cette fois, en groupe ils achètent ...
Cette fois mon homme ne me ment pas et se rendant compte de sa rechute décide de ne plus fréquenter ce groupe en dehors de l'hopital...

L'un d'eux néanmoins vient me rendre de l'argent à la maison il y a une semaine, mon homme déscend tout de suite, va au bar avec lui et evidemment retape...

Enorme crise, je lui interdit l'accès à l'appartement, il passe deux jours chez ses amis .

Depuis c'est la dégringolade.

Ce lundi 4 décembre on a vu une psy de couple, Suite à cela, il m'a dit clairement que là il arrive plus à gérer qu'il veut en racheter, il doit partir en nouvelle cure ce jeudi 7 décembre ( théoriquement parce que l'hopital n'a pas encore confirmé et a pris du retard), je me montre compréhensive, jme dis que de toute façon il va en cure bientot, je négocie " ok mais pas 1g, ok mais commence tot, ok on en prend meme ensemble ( j'ai une conso TRES récréative qui s'arrête à une fois ou deux par an).

Ce mardi l'hopital n'a pas encore confirmé, j'espère qu'il va partir ce jeudi, parce que vu son état, il va en revouloir avant ce week end et ca sent la crise encore.

Et moi la dedans ...

J'ai encaissé des mensonges, des crises, des agressivités, du vol, j'avais ma jambe pétée mais l'appel de son produit a été plus forte qu'être présent pour moi, il est totalement en rechute.

Durant tout le temps que j'ai décrit J'ai tout fait : cacher sa carte bleue, le forcer à partager sa géolocalisation pour savoir où il est et s'il me ment ou pas, au pire aller le chercher si ( comme c'est déjà arrivé ) il s'endort sur un banc public sans savoir comment il est arrivé là, j'ai fouillé dans ses discussions, dans son telephone, j'ai jeté des bouts de son produit quand j'en trouvais pour qu'il en prenne moins et sans qu'il le voit, j'ai appelé le samu devant lui, j'ai accepté, je l'ai couvé, je lui ai acheté à fumer, j'ai interdit l'alcool, interdit les stup à la maison, puis j'ai accepté qu'il en ait à condition que je gère sa conso ( cacher la moitié du produit )...

Parfois je culpabilise de pas savoir faire mieux, de pas réussir non plus a le quitter, je trouve des excuses " il se soigne, il va en cure, ca va quand meme mieux qu'avant" et puis parfois, dans les discussions, j'ai l'impression qu'il est dans le déni.


@Byce tu es bien avancée dans ta reprise de controle, c'est super encourageant !
Tout comme toi mon copain a du mal a gérer les émotions aussi, et c'est pas surprenant, la cocaine offre cette illusion de contrôle, de toute puissance, de confiance.
J'ai ( malheureusement ) les meilleures discussions avec mon copain que quand il est sous cocaine, sinon il est dans sa coquille a avoir peur de tout, a " ne pas vouloir exister " à se replier.

C'est un travail de longue haleine, et si pour nous, entourage, parfois tout semble si clair et si facile, pour la personne toxicomane, l'acceptation, la compréhension de ses mécanismes, prennent parfois énormément de temps, et peuvent ne jamais arriver.

Dans mon cas, je vais consulter bientôt pour attachement anxieux et dépendance affective.
Si j'étais raisonnable, je le quitterais. La relation est trop entachée, je reste en partie parce qu'il va en cure et continue à vouloir se soigner, mais je suis constamment stressée et dans la survigilance .

C'est épuisant.

Je me rends compte que je me suis oubliée.
Mes amis me trouvent de plus en plus déprimée.
J'ai peur quand je pars faire des courses ou autres, en rentrant, qu'il soit pas là et parti se droguer.

Je me rends compte que je suis traumatisée par tout ce qui s'est passé.
Il culpabilise beaucoup.
Moins de ' pas réussir à s'en sortir " que du mal qu'il me fait et a voulu me quitter pour ça.

En écrivant tout cela, je me rends compte que malgré tout, j'ai comme un instinct de survie : je commence à m'occuper de moi : MA dépendance affective, MES besoins.

Je vais être accompagnée par l'équipe de son hopital pour trouver de l'aide en tant que membre de l'entourage.
J'en ai besoin... de plus en plus ...
Mais j'avoue j'ai qu'une seule hate : Qu'il parte en cure.
De ne plus avoir cette présence à la maison pesante qui oscille entre depression, craving, mensonge, évitement, j'ai l'impression d'avoir un gamin à la maison et je ne veux plus faire la maman.

J'ai 38 ans, j'ai peur de ne plus avoir le temps.

Je ne connais pas l'avenir, je ne sais pas du tout si l'on va se sortir de tout ça et entre nous ...

Ce que je peux vous dire avec certitudes c'est que
- Sortir de la toxicomanie est un combat de LONGUE haleine.
- L'entourage en souffre énormément et la personne toxicomane le sait, culpabilise, se drogue du coup d'autant plus.
- Sortir de la toxicomanie n'est pas juste " arrêter de prendre une substance " c'est apprendre à vivre autrement, c'est revoir toute une structure, c'est se réadapter, c'est être perdu, c'est beaucoup de souffrance ...
Parfois je me dis qu'au moins lui il a de la chance : un produit peut l'apaiser dans ses angoisses enfouies au fond de lui... Moi non. J'ai pas de voie de sortie à part : l'accepter / le rejeter et le quitter.
- Nous, conjoints, ne pouvons RIEN faire d'autre que de le soutenir ( ou pas ) dans tout les cas, le toxicomane doit se confronter SEUL à tout ça .
- Un toxicomane ne PEUT PAS tenir ses promesses ... Combien de fois suite à des prises j'ai eu des " c'est la derniere, machin je veux plus le voir etc " mais le craving, trop fort, le fait craquer quelques jours plus tard ...
Et croyez moi : personne n'aime mentir, la personne toxicomane non plus, elle est dans la honte, c'est plus fort qu'elle, elle y croit à ses mensonges sur le moment.
- Le plus dur c'est de trouver ( si l'on en est capable ) la bonne posture : ne pas juger / se protéger / ne rien prendre personnellement ...

Perso, le plus dur pour moi, c'est de savoir où est la limite dans tout ça : la maladie ne peut pas tout excuser, quelles limites poser, comment communiquer malgré la honte, la culpabilité de nos conjoints et nos frustrations, colères aussi.

Je n'ai pas de réponse encore.

Je veux juste qu'il aille en cure, que j'ai l'espace mental de prendre soin de moi pendant qu'il prend soin de lui.

Voila désolée c'était long...

Chaxang - 05/12/2023 à 23h09

@sousou31

Merci pour ton soutien ...
La lettre ... déjà fait .
Les psychotiques, il a décidé de les arrêter progressivement et de revoir avec ses medecins ses traitements .

@Byce

Je vois tout à fait la méthode que tes médecins t'ont proposé, il s'agit de la balance décisionnelle .
Mon mec l'a fait en cure, son problème la dedans, c'est qu'il l'a pas vraiment intégré.
A mon sens, il fait pas les efforts nécessaires... C'est mon prisme, je sais néanmoins que ca s'inscrit dans autre chose :

La sortie de la toxicomanie s'inscrit globalement dans un schéma :
Précontemplation :
la personne addict se rend compte qu'elle est addicte mais en gros " s'en fout " et privilégie le plaisir de sa consommation et les aspects négatifs sont minorés. Elle n'est plus dans le déni total pour autant.

Contemplation :
La personne addict voit clairement les inconvénients de sa consommation et se rend compte clairement qu'il y a un soucis sans pour autant réussir à agir ni en avoir profondément l'envie...

Détermination:
Ca suffit, la personne DECIDE d'agir et veut mettre des stratégie en place.

Action
tentative d'action ( comme mon copain détruire sa carte bleue, éviter de boire car l'alcool appelle la coke ... ) , responsabilisation etc...

Rechute :
La personne addict recommence au point de départ, mais les choses vont plus vite, les actions sont ajustées, la détermination peut variée mais généralement se renforce, phase de dépression, de culpabilité etc...

Et le cercle recommence jusqu'à une sortie définitive...

Chaxang - 05/12/2023 à 23h26

@sousou31

Suite à ton dernier message ...
Si tu as des questions sur l'hospitalisation etc je peux peut etre te renseigner ou du moins te raconter mon vécu la dessus...
Ne JAMAIS CROIRE les PROMESSES d'un toxicomane.
Moi aussi mon mec il m'a sorti des " elle en a pas " en allant voir une pote qui consomme, " lui je veux plus le voir " en retournant le voir sachant qu'il aurait du produit, " je te promets que ... j'ai bien compris la leçon que ... " le produit est toujours le plus fort, c'est comme ça.

Un de mes psys m'a conseillé de dédramatiser : " tant qu'il va en cure et qu'il meurt pas, il est plus à une trace près, essayer de pas anticiper, de m'occuper de moi ", j'essaie et ca marche pas trop mal ... par exemple, j'ai décidé que de toute façon, il doit aller en cure dans les jours qui arrivent, il est suivi, je préfère qu'il prenne ici en sécurité et pouvoir " garder une forme de controle sur ce qu'il se passe ici " que de savoir qu'il est dehors à peut etre prendre en quantit trop importante voir se mettre en danger...

Moi aussi mon copain pour l'alcool il est passé par la même chose " ne pas boire seul et rendre ca social uniquement " , ca vaut un temps... PErso j'ai interdit l'alcool à la maison, et depuis peu j'essaie de revoir ma posture : une bière de temps en temps ... c'est pas non plus être mort bourré et si ca peut l'aider PONCTUELLEMENT a supporter le craving ... bon bah... c'est toujours mieux que de se barrer toute la nuit et qu'il y ai crise sur crise...

Par contre ca me force à être ultra vigilante...
Ok va t'acheter une bière mais stp ... juste une ou deux, respecte mes limites comme moi je respecte les tiennes.

Pour l'instant ... ca marche .

Et ce lundi aussi pour la cocaine :
"ok je comprends que tu rechutes et que c'est temporaire puisque tu vas en cure, achètes en ok , jte ferais pas chier, par contre : pas 1g, ca dure pas toute la nuit et demain tu assumes tes responsabilités dans la maison quoi qu'il se passe " .

Bon ca a marcher à moitié : il devait sortir le chien et faire le lit, il s'est endormi à 20h par contre le matin il s'est bien activé : cuisine, ménage et ( meme si j'ai du insisté énormément ) on est allé faire un tour au marché de noel quand même...

Semi victoire ...

Mais vraiment... c'est TRES dur de tenir ainsi, un conjoint toxicomane est épuisant, enfin ... nous nous épuisons en tant que conjoint...

J'ai lu des témoignages sur d'autres forums de personne de l'entourage qui " avaient accepté que ca soit ainsi et basta " qui n'avaient plus d'attentes, mais qui avaient posé des limites que le conjoint toxicomane arrivait VRAIMENT a respecter.
J'ai vu des témoignages de toxicomane aussi qui avaient réussis à terme à se responsabiliser vraiment sur leur consommations, les rendant plus acceptables pour l'entourage, conjoints et entourage conscients des limites de chacun respectivement. ( le conjoint toxicomane se limitant à certaines consommations dans certains lieux sous certaines conditions, l'entourage acceptant que la personne malade le soit et fasse de son mieux ).

J'aimerai en arriver à ce stade avec mon copain.
" c'est ok la drogue, si plus de mensonge, si argent ok, si responsabilités à la maison priorisées "

Le chemin est long ...

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