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La violence du crack

Par Manouch

​Bonsoir à toutes et à tous. J’avais besoin de poser par écrit les "maux" que je traverse ces derniers temps.

​J'ai une amie très proche depuis 11 ans. Nous avons été en couple au début, et bien que séparées, nous sommes restées extrêmement liées. J'ai encore beaucoup d'amour pour elle. Quand je l'ai rencontrée, elle souffrait d'alcoolisme et d'une addiction au cannabis (dont elle s'est sevrée). Mais depuis 5 ans, sa consommation d'alcool est devenue quotidienne et massive, et la cocaïne s'est ajoutée à tout cela. Aujourd'hui, elle "base" sa cocaïne (elle fume du crack).

​J’ai toujours été présente pour elle. Il y a deux ans, on lui a diagnostiqué un trouble borderline (lié à de multiples abandons dans son enfance) et une bipolarité cyclothymique. Entre les traitements et les séjours en psychiatrie, je l'ai soutenue de mon mieux pour lui prouver qu'elle n'était pas seule.

​Récemment, elle a été incarcérée pendant 3 mois et demi. La prise en charge de sa maladie mentale en prison a été inexistante et scandaleuse. Face à l'absence de soins, j'ai fait un signalement. Pour seule réponse, le milieu carcéral l'a remise dehors du jour au lendemain, en pleine décompensation psychiatrique.
​Depuis sa sortie, elle a replongé. Face à sa dérive, j'ai fini par contacter sa conseillère du SPIP pour qu'on cherche une solution. Elle semblait d'accord, mais cela fait maintenant plus d'une semaine qu'elle a disparu. L'angoisse est immense : elle a un lourd passé de tentatives de suicide, et cette consommation massive est pour moi un suicide à petit feu.

​Mercredi dernier, à 5h du matin, elle m'a enfin appelée, mais pour me déverser sa haine, m'insulter et m'accuser d'être responsable de tout. Elle prétend que je fais ça uniquement pour qu'on se remette en couple, ce qui est complètement faux. C'est juste de l'amour et de la bienveillance : je refuse de l'abandonner à son sentiment d'inutilité. Je voulais lui montrer que sa consommation ne définit pas qui elle est.

​Aujourd'hui, je n'ai plus de nouvelles. Je suis triste, inquiète, et une part de moi me dit de la laisser tomber après la violence de ses mots. Je me sens terriblement seule.

Je refuse de raconter cela à mes proches pour ne pas la salir, car ils ne comprendraient pas. J’avais juste un besoin d'exprimer cette douleur.

Merci de m'avoir lue.

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