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Naltrexone, une autre option pour la toxicomanie

Par Walkthroughthefire

À l’aube de mes 30 ans je suis une épave en lutte avec une addiction à l’héroïne mais surtout, avec moi-même. Championne de l’auto-destruction depuis des années, mon corps est marqué de cicatrices que n’assume d’ailleurs toujours pas. Je ne suis pas certaine d’avoir un jour été heureuse, je n’ai absolument aucune confiance en moi, j’ai même honte de moi-même, m’exprimer face à des inconnus est pour moi un cauchemar accompagné d’angoisses. D’ailleurs à peu près tout est source d’angoisses, parfois à la limite de la paranoïa. J’ai expérimenté pas mal de drogues jusqu’à ce que je découvre l’héroïne en 2012, quelques mois après le décès de mon père dont je ne m’étais pas remise. Ça m’a aidé à gérer, pendant un temps. De consommatrice occasionnelle je suis devenue dépendante au bout de quelques années, clean pendant plusieurs mois je me suis remise à consommer de façon occasionnelle pour doucement glisser vers une dépendance incontrôlable. Je n’aurai jamais imaginé, après cette première ligne d’allu que je me retrouverai, des années plus tard aussi dépendante à cette merde, à chasser le dragon (mon unique mode de consommation) les toilettes handicapés de la fac lors de la pause déjeuner, toilettes publiques, cave de mon immeuble... afin de cacher ma consommation à mon copain. L’addiction m’a amené à mentir, tellement de fois afin de pouvoir consommer sans éveiller ses soupçons. Mentir pour le préserver, ne pas l’inquiéter, étant persuadée de pouvoir m’en sortir seule. Ça a duré des mois, des mois d’un cercle vicieux accompagné de culpabilité, consommer pour apaiser la culpabilité mais surtout tenter de m’apaiser. J’ai la chance, après toutes ces années d’être inconnue des services de police, je n’ai jamais volé ou ai eut besoin de « vendre mon corps » pour une dose. Je suis sous antidépresseurs depuis 9 ans (je n’ai d’ailleurs jamais réussi à arrêter de les prendre, rendant difficile l’essai d’un autre qui pourrait éventuellement mieux me correspondre). L’héroïne m’apporte ce soulagement qui me permet de souffler, de prendre de la distance avec la vie de tout les jours, mon remède à la dépression tenace. C’était pourtant évident qu’un jour mon copain découvrirait la vérité mais je me disais naïvement que je parviendrai à arrêter avant qu’il ne le découvre. Aujourd’hui il est fort probable qu’il me quitte, étant incapable de me faire à nouveau confiance et suite aux récents événements,lui ayant décidé de m’enfermer chez nous pendant 48h surveillant mes moindres faits et gestes. C’était certes pas l’idée du siècle et ça s’est évidemment très mal passé. Ca me crève le cœur parce que c’est de ma faute mais je le comprend et je ne me pardonnerai jamais. Je suis actuellement en attente d’une hospitalisation, car j’ai décidé de m’en sortir et d’employer les grands moyens, le suivi au CSAPA et la Methadone ne suffisant pas. Les objectifs étant de devenir clean, le rester, l’arrêt (progressif) de la Methadone afin de passer au Naltrexone car j’ai beaucoup de mal à supporter les effets secondaires de la Methadone et le Subutex ne me convient pas non plus. N’hésitez pas à poser des questions, partager vos expériences et / ou conseils. Je sais que comparé à beaucoup de pays, entre autres l’Angleterre, en France le Naltrexone est utilisé pour traiter l’alcoolisme, alors que c’est un traitement qui à la base a été créé contre le craving des opiacés. Ce n’est cependant pas un substitut et il n’est pas compatible avec la prise d’Opioïdes encore moins de Methadone, nécessitant un sevrage relativement long à tenir. Environ 5 jours après la dernière prise d’héroïne et presque 10 jours après la dernière prise de Methadone. Des jours qui vont probablement être difficiles, mais si c’est pour retrouver une bonne qualité de vie, je pense que ça vaut le coup. J’ai la chance d’avoir une amie en Angleterre qui suite à l’arrêt de la Methadone est passée au Naltrexone, ça fonctionne très bien pour elle, j’aimerai avoir d’autres avis et j’imagine que je suis loin d’être la seule à supporter difficilement les effets secondaires des traitements de substitution alors si au passage mon témoignage pouvait aider quelques personnes, ça serait déjà ça de gagné.

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