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Rachacha

Le rachacha est un opiacé fabriqué artisanalement à partir d’une décoction de têtes de pavot. Son principe actif est la morphine. Il se présente sous forme de pâte plus ou moins molle, grasse, de couleur acajou. C’est un produit saisonnier que l’on trouve surtout en été.

Habituellement vendu sous forme de boulette, il peut aussi se présenter sous forme d’un liquide sirupeux.

Appellations : rach, arrache, opium bas de gamme 

Interdit

Statut légal

Le rachacha est une drogue classée parmi les stupéfiants.
L’usage est interdit : l’article L3421-1 du Code de la Santé Publique prévoit des amendes (jusqu’à 3 750€) et des peines de prison (jusqu’ à 1 an).
L’incitation à l’usage et au trafic et la présentation du produit sous un jour favorable sont interdites : l’article L3421-4 du Code de la Santé Publique prévoit des amendes (jusqu’à 75 000€) et des peines de prison (jusqu’à 5 ans).
Les actes de trafic sont interdits : les articles 222-34 à 222-43 du Code Pénal prévoient des amendes (jusqu’à 7 500 000 €) s’accompagnant de peines de prison (jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle).

Pour en savoir plus, lire aussi notre dossier "La loi et les drogues".

Dépistage

La prise de rachacha peut théoriquement rendre positif un test de dépistage rapide des opiacés. La morphine qu’il contient peut être dépistée :

  • de 24 à 48 heures dans les urines,
  • moins de 24 heures dans le sang,
  • moins de 12 heures dans la salive.

Pour en savoir plus, lire aussi notre dossier "Le dépistage des drogues".

Modes de consommation

Le rachacha est généralement ingéré en boulette d’un gramme préalablement enveloppée dans du papier à cigarette pour masquer son goût amer. Il peut aussi être bu en infusion.

Il peut également être fumé en cigarette mélangé à du tabac, ou avec un bang.

L’injection par voie intraveineuse est rare et dangereuse (voir les conseils de réduction des risques à la fin de la fiche).

Effets recherchés

L’intensité des effets varie selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité consommée et le mode de consommation.

Le rachacha procure un état d’apaisement, de bien-être intérieur, associé à un effet « planant » et à une perte de la sensibilité à la douleur.

Les effets du rachacha sont souvent recherchés pour pallier les descentes difficiles de produits stimulants ou hallucinogènes.

Quand le rachacha est ingéré, les effets commencent généralement au bout d’une demie heure à jeun et de 1 à 2 heures après avoir mangé. La montée se caractérise par sa lenteur et son irrégularité.

Effets secondaires

  • nausées et vomissements,
  • sueurs froides,
  • troubles gastro-intestinaux,
  • somnolence,
  • perte de vigilance,
  • constipation.

Suivant la maturité des pavots, leur origine, la préparation et les ingrédients ajoutés, la qualité du rachacha peut varier considérablement d’une fois sur l’autre.

Risques et complications

  • Accidents respiratoires.
  • Les effets calmants peuvent entraîner une baisse de la vigilance et une somnolence pouvant conduire à des accidents graves, voire mortels.
  • Ne pas consommer le rachacha avec de l’alcool, des drogues aux effets dépresseurs (kétamine…)  ou des calmants (surtout les benzodiazépines tels que le Lexomil,® Temesta®, Tranxène®, Rohypnol®…) car le mélange des produits expose à un risque de surdose.

Dépendance

  • Le rachacha engendre une dépendance.
  • La tolérance est rapide : après quelques jours ou quelques semaines, l’usager ressent la nécessité d’augmenter les doses, d’abord en quantité, puis en fréquence pour retrouver les mêmes effets.
  • La tolérance au rachacha induit également une tolérance à des produits opiacés comme l’héroïne et la buprénorphine.

Grossesse

En l’absence de données sur les risques spécifiques de l’usage de rachacha durant la grossesse, il est fortement déconseillé d’en consommer durant la grossesse.

Si vous êtes enceinte et en difficulté avec votre consommation de drogue, n’hésitez pas à prendre contact avec une équipe spécialiséeLire notre article Je suis enceinte et je ne parviens pas à arrêter de consommer.

Conseils de réduction des risques

Toute consommation expose à des risques. Il est toujours préférable de s’abstenir, en tout cas de reporter la consommation quand on se sent fatigué, stressé, mal ou qu’on éprouve de l’appréhension. Il est également préférable de consommer avec des gens de confiance, dans un contexte rassurant.

  • Ne pas consommer si on doit effectuer une tâche nécessitant d’être vigilant et éveillé (conduire, activité "à risque"…).
  • Ne pas multiplier les prises dans un court laps de temps, même en l’absence d’effets ressentis, car cela entraîne un risque de surdose.
  • La consommation par voie intraveineuse est hautement toxique et peut exposer l’usager à une septicémie et une surdose.