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Mon fils se drogue

Par Profil supprimé

Laurent se drogue depuis des Années. Il a tout essayer. Accro aux médicaments d’abord à la suite d'une grave maladie (tumeur au cerveau)à l'âge de 12 ans. Puis des médicaments de plus en plus fort pour oublier ses souffrances physiques et morales, puis le cannabis et d'autres substances de plus en plus dangereuses.

Laurent est âgé de 40 ans il prétend avoir gâché sa vie. Il est le père de deux enfants. Deux filles, elles vivent avec leur Mère à 550 km. Il les voit 2 fois dans l'Année. Il vit tout seul. Il ne supporte pas la solitude. Ses amis lui tournent le dos. Je suis sa Mêre. Laurent habite à 3 km de chez moi. J'ai toujours été proche de lui. Il me dit, enfin me raconte ses souffrances, son manque de confiance en lui, son impossibilité à arrêter cette accoutumance. Depuis 5 ans il côtoit un centre pour addition avec médecin, psychologues, assistance sociale mais malgré leurs conseils et leurs soins, Laurent de décroche pas. Il ne travaille pas car il est soigné pour une dépression à tendance bi-polaire. Il est fragile, anxieux.

Moi je suis remariée, j'ai des problèmes de couple causés par mon comportement vis à vis de mon fils, je souffre terriblement de le voir constamment en souffrance. Mon Mari ne comprend pas ses attitudes. Sans le juger, il lui reproche de ne rien faire de ses journées. Il me défend de lui donner un peu d'argent. Je sais qu'il a raison mais le savoir sans argent pour se nourrir, je ne peux pas le supporter.

J'écris ce message ce soir car je panique. Il me parle de mettre fin à ces jours car il se sent découragé. Il me dit ne plus avoir la force de se battre. Qu'il est au bout du rouleau. Moi j'ai peur, je me sens mal, mon Mari ne supporte pas ma détresse, je me sens seule, angoissée ne sachant pas quoi faire. Je suis désespérée. Chaque fois que je l'ai accompagné à l’hôpital ou dans d'autres établissements pour l'aider à se sortir de cette emprise de la drogue je me suis entendue dire "il y a que lui qui peux faire quelque chose pour lui, vous n'y pouvez rien il est majeur il doit se prendre en main tout seul" mais justement nous savons tous que les toxicomanes n'ont pas cette possibilité de se prendre en charge seul. Alors nous tournons en rond comme un chien qui court après sa queue. Comment faire comprendre à un toxicomane de se faire soigner alors que sa raison lui dicte qu'il se sent bien dans ce paradis artificiel. Je souhaiterais tant avoir des réponses à toutes les questions que je me pose. Tant de Parents vivent le même calvaire que moi. J'aimerais pouvoir leur dire que je me sens tellement proche d'eux. Merci de me répondre

13 réponses


Profil supprimé - 30/05/2011 à 21h05

Chère Janson,

J'ai été très touchée par votre message, par le combat que vous menez auprès de votre fils. Par le malheur qui est entré dans la vie de votre enfant alors qu'il n'avait que 12 ans...
Cette maladie qui a du lui voler une bonne partie de son adolescence, la période où l'on construit sa future personnalité d'adulte... Et l'angoisse de la mort qui rôde.
En plus, à l'époque, il n'y avait pas de vraie prise en charge psychologique il me semble... Et, si jeune, l'association douleur-médicaments qui soulage qui a du se graver dans son cerveau...
Quel traumatisme vous avez vécu tous les deux...
J'ai l'impression - surtout, ne prenez pas mal ce que j'essaie de dire, peut être que je me trompe, j'essaie juste de comprendre... - que quelque part, vous culpabilisez de ce qui est arrivé à votre fils.
Ce qui est arrivé est injuste, dégueulasse, tout ce qu'on veut, mais une chose est sûre, ce n'est pas de votre faute. J'ai l'impression qu'il y a une relation très forte entre vous et votre fils, mais empreinte d'un certain sentiment de culpabilité à son égard.

Alors bien sûr, c'est facile de dire ça de l'extérieur, mais à mon humble avis, ne donnez jamais d'argent à votre fils, sachant qu'il va acheter de la came avec. Ou ne le faites plus. Expliquez lui pourquoi : vous ne cautionnez pas son usage de drogue, même si vous comprenez pourquoi il le fait.
Si vous craignez qu'il ait faim, achetez lui des pâtes et des conserves, deux fois par mois. Ce serait déjà une aide énorme ! Ou quand il vous réclame des sous pour manger, donnez lui de la nourriture. Mais pas d'argent.

Surtout, restez en dehors de l'univers de la came, et dites lui, et dites vous bien, que c'est parce que vous croyez en sa réussite.
Un jour, il se sortira de la came et ce jour-là, ce sera plus facile de rétablir des rapports normaux si vous êtes restée à l'extérieur de ce monde, si vous n'avez cautionnée son attitude en aucune façon.
Et certains gestes ont une portée symbolique, donc mieux vaut remplir le frigo de votre fils. Vous vous sentirez sûrement mieux après ça, que de lui donner de l'argent pour quelque prétexte que ce soit, sachant ce qu'il risque d'en faire.

Je sais que cela doit être extremement difficile de résister à votre fils.
J'ai souvent entendu dire que les toxs étaient manipulateurs, mais c'est faux. On est les premiers victimes de cette manipulation, à un certain stade d'addiction, on devient presque des marionnettes, comme si on avait une puce - la came - greffée dans le cerveau.
Apprenez à reconnaitre les moments où votre fils vous parle, et ceux où c'est la came qui parle à travers votre fils.

Ensuite, c'est basique, mais je vous conseillerais d'essayer de trouver un psy, quelqu'un qui puisse vous aider à analyser ce que vous traversez et surtout, à trouver un équilibre entre votre fils et votre couple. Votre vie est aussi importante, vous n'avez pas à la sacrifier pour votre fils - et de toutes façons, cela ne changerait rien à la situation...

Vous dites qu'il est pris en charge par un centre, ce centre travaille avec un service d'hp ? C'est déjà un grand pas qu'il fréquente ce centre. Cela montre qu'il a pris conscience de son problème.

Je pense qu'il faut traiter le traumatisme. Qu'avoir vu la mort de si près laisse des traces, même inconscientes. Il faut traiter le problème de drogue, et le problème qui a conduit à la drogue.

Perso, j'ai aussi vécu de lourds traumatismes, et même après huit ans de thérapie, et douze ans de vie heureuse, ils sont toujours là. Moins présents, mais toujours là, comme un boulet que je me traine.

Je m'intéresse à d'autres manières de traiter le syndrome post-traumatique, notamment l'EMDR. Cette semaine justement, il y a eu une excellente émission sur arte, qui doit être encore visible, pour pas longtemps, sur le site et qui s'appelle : En finir avec la peur.

Cette émission explique les diverses avancées qui ont été faite dans le domaine du traitement post trauma, et cela donne de vrais résultats. Même quinze, vingt ans après.
Un médicament, une enzyme et l'EMDR. En gros, il s'agit de faire revivre les épisodes traumatiques au patient, et soit d'utiliser le mouvement des yeux, soit un médicament.Du coup, le souvenir est "sorti de sa boite" et remis dans une autre, plus loin et mieux fermée. Je résume vite fait, mais cette émission était passionnante et m'a donné beaucoup d'espoir.

Voilà, désolée d'avoir écrit une si longue réponse, mais votre lettre m'a touchée, et du coup, j'ai pas mal réfléchi.

Comme je l'ai dit ailleurs, je reste dans le coin, si jamais je peux aider.

Courage

bluenaranja

Profil supprimé - 30/05/2011 à 21h39

Au moment de quitter le site, une phrase a accroché mon regard : comment faire comprendre à un tox que c'est dangereux alors qu'il est dans un paradis artificiel. Quelque chose comme ça.
Quand on est acro, la drogue, c'est l'enfer. Quand on en a on est défoncé quoi quinze minutes, une demi heure, puis on est juste normal : pas mal au dos, pas se vomir dessus. On est juste bien et détendu. Dès que ça descend, l'angoisse monte, le prochain shoot. C'est juste l'enfer.

Il me semble plutôt que votre fils a besoin de se sentir en danger, avec une aiguille dans le bras, pour se sentir vivant. Même s'il sait que ça le détruit.

Voilà pourquoi je pense ça, à 17 ans, j'ai été sequestrée, violée, pendant 24 heures, menacée de mort. Et franchement, vu qu'on était ds le Sud des états unis, j'étais mineure, blanche, lui était accro au crack, avait un couteau, et m'a frappée. Plusieurs fois, il m'a fait fumer du crack - quatre mois plus tard, quand j'ai enfin porté plainte, les flics m'ont dit que c'était une "technique" pour mettre les filles au tapin et que j'avais du bol d'avoir pu me sauver.
Sauf que moi, je me sentais pas sauvée du tout.

Vu qu'en plus, c'était prémédité, il avait une corde sur lui, en plus du couteau, quand il m'a dit qu'il allait me buter je l'ai cru. Il risquait cinquante ans de taule...

J'ai essayé de lutter, mais il était beaucoup plus fort, et à un moment, je me suis dit, voilà, je vais mourir, ou je meurs en pleurant et en me débattant, ou je meurs dignement.
J'ai choisi la seconde option. Et je pensais, voilà, j'aurais jamais dix huit ans, et j'ai rien fait de ma vie.
Et à un moment, j'ai accepté cette idée, et j'ai même attendu la mort comme une délivrance. Et mon esprit est "parti".
Si j'ai réussi à me sauver, c'est que j'ai un putain d'instinct de survie chevillé au corps. Ma tête était en pilote automatique.

Après, je lui en voulais, au taré, je lui en voulais de pas m'avoir tuée, de m'avoir laissée vivante avec ça dans la tête.
D'abord, je me suis mise grave en danger, je voulais que quelqu'un me tire une balle vu que j'avais pas le courage de le faire.
Puis je ne supportais plus rien, et surtout pas le bonheur. Il fallait que je sois en danger de mort constant pour me sentir vivante.
Des années de thérapie m'ont permis de verbaliser tout ça. Quand on accepte l'idée de la mort, c'est vachement dur de revenir à la vie. Cela m'a pris des années, et un bébé, qui m'a permis de renaître littéralement à moi-même.

Et si je fais un parallèle, c'est dans la présence de la mort et le traumatisme. Parce que votre fils a vécu longtemps avec la mort sur son épaule. Un cancer si grave, et tellement long. Puis la période de rémission, avec toujours le doute, et l'angoisse des résultats.
Peut être que je me trompe, que je "projette". C'est pour ça que je vous ai raconté cet épisode de ma vie, pour que vous vous fassiez votre propre idée sur mon "intuition".

Allez, cette fois, c'est vraiment fini pour aujourdhui !

bye

bluenaranja

Profil supprimé - 01/06/2011 à 13h05

Chère Bluenaranja
J'ai pris connaissance de votre réponse à la lettre de détresse que j'ai écrit dans un moment de desespoir. Cela ma permis de comprendre une chose importante
c'est de résoudre le prôblème sur le fond. Je m'explique. Mon fils à subi comme vous un/des traumatismes importants, à savoir sa maladie, un divorce difficile et autres
Dans un de vos messages vous me parlez "comment traiter le symtome post-traumatique" et vous me parlez de la thérapie EMDR. J'ai longtemps chercher comment lui venir en aide
et en même temps me venir en aide aussi. J'ai donc pris des informations à ce sujet et j'en ai parlé à mon fils, il se sent près à tenter l'expériance. Je suis donc à la recherche d'un praticien
compétant et qui soit pris en charge en parti ou en totalité car il ne travaille pas et n'a pas beaucoup d'argent. J'ai lu plusieurs fois votre histoire émouvante et je souhaite du plus profond de mon coeur
que tout va bien pour vous. Merci de vos bons conseils.Merci d'avoir pris de votre temps pour me répondre. Croyez moi j'en suis très touché Cordialement

Profil supprimé - 01/06/2011 à 19h20

Chère Janson,

Je vous remercie pour votre gentille réponse, et je suis ravie si j'ai pu vous aider un peu !
Je pense sincèrement que l'EMDR a l'air, dans certains cas, très prometteur. Je vous suggère, à vous et à votre fils, de lire la page wikipedia, qui m'a l'air très sérieuse. Et surtout, vous avez tout à fait raison, trouvez un vrai praticien, d'après ce que j'ai pu voir, le mieux serait un psychologue ou psychiatre, formé à cette technique spécifique.

Après, cette thérapie, comme toutes les thérapies verbales ou comportementales nécessitent une véritable implication de la part de votre fils. Il faut qu'il soit acteur, et pas spectateur.
Il ne faut pas qu'il le fasse "pour vous faire plaisir". Il serait donc bon qu'il lise et fasse quelques recherches - avec vous pourquoi pas - mais surtout, que ce soit lui qui recherche les moyens de financer la thérapie, quitte à en payer une partie de sa poche.
Pour qu'une thérapie fonctionne, il faut y croire, et s'investir. Sinon, autant attendre un peu plus, le moment où il sera prêt.
Votre fils peut éventuellement en parler au centre psy qu'il fréquente, je ne sais pas qu'elle est leur position vis à vis de cette nouvelle technique, mais ils pourront peut être orienter ses recherches.

Profil supprimé - 01/06/2011 à 19h29

OOps, j'ai envoyé au lieu de vérifier !
Je voulais juste ajouter ceci : moi aussi, j'ai " pas de sous " et c'est sûr que cela n'aide pas.

Mais il y a plusieurs pistes à explorer pour le financement : l'assistante sociale, le centre tox, et surtout, surtout, trouver le bon thérapeute.
Prenez le temps de bien vous renseigner avant de vous lancer !

J'espère sincèrement que votre fils s'en sortira

bluenaranja

Profil supprimé - 01/06/2011 à 20h38


Juste pour vous dire de faire très attention : dans ma région, il n'y a qu'une personne qui pratique l'EMDR, elle pratique aussi la connexion divine et les soins d'âme, le chamanisme hawaîen et la tradition chrétienne primordiale, fait aussi coaching et tarot, etc etc... Les soins d'âme peuvent se faire à distance à partir d'un entretien téléphonique, payable en ligne, 65 euros de l'heure.

Voilà pourquoi je n'ai pas testé !!

Donc autant le principe a l'air pas mal, autant je m'en voudrais de vous envoyer dans les pattes d'un escroc !

Sinon vous avez tout compris, il faut traiter l'addiction, le passé, et la dépression.

Mais cela vaut le coup ! Je ne supportais rien et aujourd'hui j'apprécie tous les plaisirs simples que la vie m'offre ! J'ai des hauts et des bas, mais je suis heureuse de vivre, et ça je le savoure à sa juste valeur !!!
Voilà, si jamais je peux vous aider, je reste dans le coin !

bluenaranja

Profil supprimé - 17/06/2011 à 14h51

Bonjour Janson,

Je suis le modérateur de ce forum. Je vous remercie d'avoir posté ce message sur notre forum et je vous remercie - et Bluenaranja aussi - d'avoir engagé cette conversation ici. Comme Bluenaranja je suis touché par votre histoire, par les difficultés que rencontre votre fils.

Bluenaranja vous a déjà donné de bons conseils : traiter le problème d'argent en lui donnant plutôt des denrées que de l'argent, croire en votre fils, essayer de trouver d'autres pistes thérapeutiques tout en évitant les escrocs, faire en sorte que votre fils soit impliqué dans son soin (et donc faire en sorte que vous ne lui mâchiez pas tout le travail)...
Bluenaranja a aussi bien souligné, je crois, combien l'imprégnation de votre fils par des produits psychotropes au début de son adolescence, {"période où l'on construit sa future personnalité d'adulte"}, a pu entraîner ensuite son attrait pour les produits psychotropes. Je confirme pour ma part qu'un ensemble de données scientifiques démontre que plus on est amené à consommer des produits psychotropes jeune (médicaments ou drogues), plus on a de chances d'en être dépendant à l'âge adulte et même de développer une dépendance sévère. Il y a donc bien une certaine "fatalité" malheureuse qui s'est abattue sur votre fils. On ne pouvait pas, je pense, faire l'économie des traitements qu'il a reçu à l'âge de 12 ans.

Après cet échange avec Bluenaranja il existe néanmoins quelques points que j'aimerais aborder.

Le premier point qui m'intrigue est une question que je voudrais vous poser : que prend au juste votre fils aujourd'hui ? En effet vous évoquez des substances prises dans son enfance et ensuite, des substances "de plus en plus dangereuses". Mais de quoi parle-t-on au juste ? {{Que prend-t-il et qu'aimeriez-vous qu'il arrête de prendre ?}}

Le second point qui me semble important est que votre fils semble ne pas avoir été seulement diagnostiqué dépressif mais, dites-vous, "dépressif à tendance bipolaire". Cela signifie probablement qu'il souffre d'une maladie psychiatrique qui nécessite une prise en charge sur le long terme, à la fois psychothérapeutique et médicamenteuse. Cette aide lui est-elle bien apportée par le centre qui le suit actuellement ? A priori on est tenté de répondre oui - il a un suivi psy et un médecin - mais pouvez-vous nous en dire plus ? Voit-il ce psy souvent ou non ? Quel est son ressenti par rapport à son suivi actuel (si vous avez des informations à ce sujet bien sûr car ce sont normalement des informations qui ne vous regardent pas directement)?
L'autre aspect que je voulais souligner est que lorsqu'on souffre d'une dépression "à tendance bipolaire", alors les pensées négatives dont fait état votre fils (vouloir mettre fin à ses jours, sentiment d'avoir gâché sa vie, découragement, manque de force pour se battre, etc.) sont consubstantiels à cette maladie. Je ne dis pas qu'il faut les prendre à la légère mais il faut aussi les relativiser un peu. Dans cette situation la qualité du suivi médico-psychologique et la qualité de vie du patient sont essentiels pour favoriser des améliorations. Cela justifie la question que j'ai posé sur la qualité de sa prise en charge. Cela justifie aussi que l'on se pose la question de sa qualité de vie...
Vous nous dites par exemple qu'il ne voit ses filles que deux fois par an : est-ce une source de souffrance et de culpabilité pour lui ? N'y a-t-il pas moyen d'essayer d'améliorer cette fréquence ?
Vous nous dites également qu'il ne fait rien de ses journées. Il semble difficile qu'il travaille dans son état mais que pourrait-il envisager comme activités "plaisir" et structurantes pour lui ? Combien même il ne s'agirait de faire quelque chose qu'une ou deux fois par semaine au début. Et si cela pouvait être des activités socialisantes en dehors du milieu médical cela serait sans doute un plus...
Plus généralement qu'est-ce qui permettrait que sa qualité de vie s'améliore ?

Enfin je dois souligner également que Bluenaranja vous a dit quelque chose que vous semblez ignorer (vous n'en n'avez pas reparlé) et qui me semble pourtant très important. Vous devriez en effet essayer de trouver un psychologue {{pour vous}}. Comme le dit Bluenaranja : "{quelqu'un qui puisse vous aider à analyser ce que vous traversez}". Ce n'est pas une insulte que l'on vous fait en vous conseillant cela. C'est au contraire vous donner plus d'éléments pour être capable d'aider efficacement votre fils. Il est important que vous ayez un moment "pour vous", rien que pour vous... Il y a mille raisons à cela mais je vous laisse les découvrir. A toutes fins utiles je vous conseille aussi la lecture de la contribution de Bluenaranja à ce sujet : ["De la difficulté à trouver "le" psy"->http://www.drogues-info-service.fr/?De-la-difficulte-a-trouve-le-psy]. Cela peut vous aider dans votre recherche mais aussi pour essayer de mieux cerner la qualité de la prise en charge de votre fils.

Cordialement,

Le modérateur.

Profil supprimé - 20/06/2011 à 17h26

J'aimerai vous remercier d'avoir pris de votre temps pour me répondre aussi longuement. Pour bien comprendre la situation je vais essayer de répondre à vos questions et sujections.
Depuis des années je me bats avec lui pour qu'il sorte de cet enfer, mon fils prends des substances médicamenteuses pour se sortir de la dépression (antidépresseurs) ce qui ne l'empêche pas d'avoir des angoisses. Quand il n'arrive plus à les surmontés il se drogue pour oublier ses angoisses et l'orsque qu'il arrête de se droguer, sa culpabilité est tellement forte qu'il n'arrive pas à la supporter. Il est toujours très mal. Pourtant il essaye de s'en sortir. Il se rends régulièrement dans un centre de soins, est suivi par un psy et un médecin. Son principal prôblème est qu'il vit seul et ne le supporte pas. Il ne travaille pas et passe ses journées à ressasser. Ii se pique partout le corps (speed, amphétamines). Il est conscient des dangers qu'il encours, nous en parlons souvent ce qui lui permet d'espacer ses prises.Il passe à côté de l'essentiel. Il me dit qu'il n'a jamais connu autre chose que de se droguer soit avec les médicaments et les autres produits dangereux.
Pour répondre à vos questions , en 1982 quand il à été opéré pour cette tumeur maligne,il n'y avait pas d'autre choix que de lui ouvrir la boite craniènne. Les Médecins m'ont laisser entendre que, d'être trépanner laissait des séquelles. Les cellules psychologiques pour les malades et les Parents n'existaient pas. Oui il a été soigner avec des produits psychotropes, oui il a dévellopé une dépendance à ces produits. En pleine adolescence, il a subi de la part de ses professeurs des repproches de toutes sortes, de ses petis copains aussi (le surnomant le boiteux)par exemple. Petit à petit il n'a pas supporté toutes ces brimades. A 16 ans il a quité le collège, mal orienté vers un CAP de cuisinier, (il n'a jamais exercé à cause de son handicap). Il a fait des petits boulots, une formation d'auxillaire de vie,(il a travaillé 10 ans dans ce métier) et puis fatigué, il a repris des petits boulots. Parallellement à cette période il a commencé à se droguer. Moi je n'ai rien vue venir au début. En tout cas pas toute suite hélàs. Les années ont passeés, il a rencontré la Mère de ses deux filles, elle n'a pas supporté de le voir se détruire, elle est partie avec les filles. Là, la dégringolade a commencé vraiement.Depuis il ne travaille plus, son Père (qui n'est plus mon Mari)la laissé tomber, sa Soeur a pris du recul et protège sa famille,ce que je consois sans problème. Je suis donc seule a essayé de le sortir de cet enfer. Mon Mari (actuel)ne le repousse pas mais ne comprends pas pourquoi je souffre autant que mon fils.
A votre question " est il bien suivi?" non pas suffisament. Il semble convaincu qu'une cure dans un centre CSST serait approprié pour lui venir en aide. Il a fait des demarches en ce sens en deux endroits. Mais la peur de ne pas y arriver, l'angoisse aussi est difficile à surmonter. Pour moi c'est dur de le convaincre d'essayer. Voilà notre histoire. Merci de vos conseils

Profil supprimé - 21/06/2011 à 17h34

Bonjour Janson,

Merci d'avoir répondu à mes questions ! Je n'ai malheureusement pas le temps de vous répondre aujourd'hui ni demain et j'essayerai donc de le faire jeudi. Je tenais cependant à vous dire que j'avais bien lu ce que vous avez écrit et que j'y répondrai.

A bientôt,

Le modérateur.

Profil supprimé - 22/06/2011 à 09h10

Bonjour Janson !

J'ai une question, si vous permettez ! Faire une cure c'est une très bonne idée.
Vu que vous avez l'air de ne pas habiter loin de votre fils, pourriez vous, après sa sortie, arranger un séjour de ses filles chez vous ?

Et surtout, avant de partir, il faut qu'il se prépare à sa nouvelle vie en revenant : jeter sa carte sim, couper avec les copains qui tournent, se trouver un bon psy - quelqu'un avec qui quelque chose se passe !
Faire des activités régulières qui lui plaisent.
Ou même quelques heures de bénévolat, quelque chose qui lui permette de se sentir utile. Et valorisé.
Moi, mon psy, quand j'allais mal, je le voyais une heure par semaine, et cela m'aidait à tenir d'une semaine à l'autre.

bonne journée

bluenaranja

Profil supprimé - 23/06/2011 à 18h27

Bonjour Janson,

C'est le modérateur de nouveau. Merci de toutes ces précisions que vous avez apportées, qui me permettent de comprendre un peu mieux de quoi il est question pour votre fils.

Au sujet de la consommation de substances psychotropes (médicaments, drogues) de votre fils je comprends deux choses.
D'une part que ces produits ont marqué très tôt et profondément votre fils. Il a appris à répondre à ses problèmes avec des substances.
D'autre part que son usage de drogues illicites est, de sa part, une tentative de réponse à une situation psychique insatisfaisante qu'il vit et qui lui est insupportable. Vous appelez cela "angoisse", c'est aussi peut-être une réponse à l'état de "dépression" qu'il vit au quotidien puisque ce qu'il prend sont précisément des stimulants (amphétamines) du système nerveux. Les stimulants cela ne calme pas spécialement les angoisses mais cela peut temporairement compenser un état d'atonie, de fatigue liés à la dépression. Bref, tout cela pour dire que l'usage de drogue de votre fils ressemble très fort à une tentative d'auto-médication. Certes les amphétamines ne sont pas une bonne réponse à la dépression, {mais elles sont sa réponse à lui}. Elles présentent "l'avantage" de lui permettre d'éprouver temporairement un état de pleine forme, où tout va bien ou mieux. Elles ont cependant le très gros inconvénient aussi de générer de l'anxiété et de favoriser ensuite, après les effets positifs, une contre-réaction négative de type dépressif. C'est donc un peu le serpent qui se mord la queue...
Alors, si à moyen terme il faudra bien qu'il arrête d'avoir cette réponse à ses symptômes dépressifs et à ses difficultés personnelles, il me semble que le préalable à faire pour aider votre fils est d'essayer de voir sa prise de drogue avant tout comme une tentative d'auto-médication et non comme une tentative pure et simple de se "défoncer". Il s'agit ici d'essayer d'agir sur son sentiment de culpabilité, qui renforce son malaise. {"Ce n'est pas bien de se droguer ainsi et c'est mauvais pour lui"}, oui ! C'est une mauvaise réponse à son problème, oui ! {{Mais}} aussi il a appris dès son plus jeune âge à résoudre ses difficultés par la prise de substances chimiques, il souffre d'une maladie psychique (dépression à tendance "bipolaire"blunk lourde et son environnement ne l'aide pas non plus (nous allons y venir) : on peut, je crois, lui trouver quelques excuses et comprendre que finalement, peut-être, il n'essaye que d'être "normal" ou alors de moins souffrir en se droguant.
Une piste à suivre, dans ce cas particulier, serait donc que vous considériez ainsi (si ce n'est déjà fait) son usage, que vous lui transmettiez cette vision des choses pour dédramatiser et qu'il culpabilise un peu moins. C'est aussi quelque chose à expliquer à son/votre entourage. {Attention}, s'il s'agit de rendre moins "lourd" et moins handicapant pour lui son usage, il ne s'agit par pour autant d'être d'accord avec lui. Le risque d'une "déculpabilisation" sans limite serait en effet de le déresponsabiliser et de favoriser alors son usage. Non, ce n'est pas le but et il faut garder à l'esprit qu'il s'agit d'une mauvaise réponse qu'il va falloir changer, ce qui ne se fera pas en un jour non plus.

Dans la lignée de cette idée que son usage ressemble fort à une "auto-médication", le moment aussi bien que le risque qu'il y aurait à arrêter pour lui doivent être évalués. Arrêter les amphétamines n'est pas, en soi, forcément dangereux. Je ne suis pas sûr en plus qu'il soit vraiment dépendant si son usage reste occasionnel. Mais pour qu'il puisse se "permettre" - ou du moins soit réellement capable - d'arrêter durablement, encore faut-il qu'il ait à sa portée d'autres "solutions", on pourrait parler d'autres "médications" qui lui conviennent et qui l'aident. Quand je parle de "médications" je ne parle pas forcément de "médicaments" mais plus de supports, d'étayages.
Par conséquent, plutôt que d'investir son et votre énergie dans la recherche d'une "cure" tout de suite et surtout qui n'existerait que comme objectif "unique", il paraît important aussi de partir à la recherche et de mettre en place d'autres soutiens pour lui. Si cela n'est pas fait je crains que le risque de rechute soit très grand pour lui. Je crains aussi qu'une rechute dans un contexte où rien (à part vous) ne le soutien, ne soit à ses yeux qu'une démonstration supplémentaire de son incapacité à y arriver, du fait qu'il a tout "raté" - ce qu'il a déjà tendance à croire - et que cela renforce finalement sa dépression ET son usage de drogues. C'est pourquoi avant d'arrêter, assurons-nous qu'il ait suffisamment de garde-fous pour qu'une rechute éventuelle n'alimente pas trop le cercle vicieux dans lequel il se trouve.

Nous vous en avons déjà parlé et nous le redisons, surtout que vous nous confirmez qu'il n'est pas suffisamment bien suivi : l'objectif prioritaire à poursuivre dès à présent, avant même la recherche du sevrage, est qu'il trouve un soutien psychologique qui lui convienne, plus intense et plus aidant. Si cela ne peut pas se faire par le centre de soins il faut regarder ailleurs. Je vous renvoie à nouveau à l'article de Bluenaranja que je citais dans ma réponse précédente. Trouver le "bon" psy n'est pas facile, reconnaissons-le, et seul lui peut savoir si tel ou tel est "bon" pour lui. Encouragez-le à se poser en tout cas la question pour qu'il ne s'embarque pas dans une psychothérapie infructueuse. Le fait d'entamer un suivi psychologique ailleurs ne doit par ailleurs pas lui faire cesser tout suivi avec le centre qu'il connaît déjà. Les deux peuvent se mener en parallèle.
Mais ce qui peut l'aider ne réside pas {que} dans le soin ou le soutien psychologique. Vous dites très bien que votre fils souffre beaucoup de la trilogie "solitude-rejet-inactivité". Il vit et se sent seul, il a été rejeté par ses proches (famille, amis, profs...) dès son plus jeune âge, et il n'a rien à faire d'autre de ses journées que de ressasser ses problèmes, ce qui les amplifie. Il faut s'attaquer à ces 3 problèmes étroitement liés.

Alors il y a tout d'abord son entourage "naturel" qui s'est éloigné de lui : sa sœur, son père, la mère de ses enfant, ses enfants et votre mari (du moins sont-ce ceux que vous citez mais peut-être y en a-t-il d'autres). Lorsque je vous disais plus haut de "travailler" son entourage pour qu'il ait une vision différente du problème de votre fils c'est dans le but qu'ils retissent des liens avec lui. Ces liens sont normalement étayant et le renforceront (sauf si l'une des personnes autour de lui a un comportement destructeur et culpabilisant à son égard). Pour y arriver je crois qu'il faut au préalable tout à fait reconnaître à vos proches le droit de vouloir s'en protéger et d'éviter le contact avec lui. En leur reconnaissant ce droit (par le dialogue que vous aurez avec) vous leur permettez de se déculpabiliser mais aussi de changer un peu de position. Nous devons sans doute admettre et regarder votre fils comme une personne malade sur le long terme - c'est ce que vous devrez faire comprendre - avec ses faiblesses, ses "crises", ses mauvaises réponses mais aussi son envie de s'en sortir et son besoin d'être soutenu dans cette démarche par ses proches. Il ne s'agit pas forcément de demander aux proches de l'accompagner en centre (c'est cependant en général possible s'ils le désirent) ou de lui parler des ses problèmes de toxicomanie, mais au moins d'être "là pour lui", d'être solidaires, de l'appeler régulièrement, de lui rendre visite, de l'inviter à faire des choses avec eux, etc. Bien sûr, retisser des liens est une prise de risque pour eux aussi, votre fils pouvant a priori "déconner" (pardonnez-moi ce terme) à tout moment et les décevoir. Mais ne peut-on pas en parler ensemble, le garder à l'esprit et éviter de s'en formaliser trop ?
Bref, d'une manière ou d'une autre il est important que des liens se retissent autour de lui et notamment du côté de ses filles. C'est dans ces liens qu'il peut puiser de la force et de la motivation à s'en sortir.

La question de son inactivité est aussi assez cruciale. Le but est qu'il trouve à s'occuper pour avoir moins à penser à ses problèmes et qu'il retrouve aussi foi en lui et en ses capacités à s'en sortir.
Là la réponse passe beaucoup par lui. Il est considérablement handicapé par sa maladie et son addiction mais que pourrait-il faire ? Les "sorties" et les activités avec l'entourage sont une option mais insuffisante : il y a aussi des choses qu'il doit pouvoir entreprendre et réussir par lui-même. Au début cela peut être de micro réussites mais le fait qu'elles soient là peut lui redonner plus confiance en lui. Et également qu'est-ce qui lui ferait plaisir de faire et qui soit raisonnable, accessible ? Quels sont ou quelles étaient ses centres d'intérêt et qu'il pourrait réinvestir sans compromettre son équilibre ? Car si par exemple son centre d'intérêt est "faire de la musique" et que c'est aussi synonyme pour lui d'usage de drogue, alors il vaut mieux peut-être éviter cette activité. Néanmoins si celle-ci ou une autre est la seule chose qui l'intéresse alors il vaut peut-être mieux cela que rien. Au final c'est lui qui doit décider, en fonction de ses envies et ses capacités, mais son entourage et vous pouvez l'encourager et essayer de lui faciliter la tâche s'il y a des choses qu'il ne peut pas encore faire tout seul. Par contre veillez à ne pas faire à sa place ce qu'il pourrait faire tout seul : il ne faut pas qu'il devienne un "assisté" si l'objectif est qu'il retrouve des ressources en lui pour s'en sortir.

En définitive je crois que je ne vous dit pas autre chose que ce que vous a déjà dit, autrement, Bluenaranja : il faut s'attaquer au fond du problème avant de s'attaquer à son symptôme (l'usage de drogue), il est important qu'il ait un soutien "psy" efficace et à son écoute (quelle que soit l'école ou la méthode à laquelle il appartient mais tout en évitant, effectivement, les "charlatans"blunk et même si on descend très bas il existe des circonstances qui permettent de s'en sortir. S'en sortir ce n'est pas forcément "guérir" tout à fait mais c'est au moins retrouver un équilibre, une qualité de vie.
Ce que vous/nous dit Bluenaranja aussi c'est que ce qui fait remonter c'est d'être entendu, écouté et d'être soutenu par quelque chose, un beau "projet" dans lequel on se retrouve. Pour elle c'est son fils, pour votre fils c'est encore trop tôt pour le savoir. En attendant les liens que vous tisserez autour de lui, l'espoir et la confiance que vous (vous Janson mais aussi ses autres proches) continuerez de lui communiquer, seront ce qui peut contribuer à le porter vers des meilleurs moments, à lui donner la capacité de les atteindre...

Cordialement,

Le modérateur.

Profil supprimé - 29/06/2011 à 09h05

Bonjour Janson,

Comment allez-vous ? C'est le modérateur. Je vous écris ce court mot pour vous dire qu'au cours de mes lectures j'ai trouvé une association de professionnels de l'EMDR. Comme je sais que sur suggestion de Bluenaranja votre fils est susceptible de rechercher un thérapeute œuvrant dans ce domaine, je vous donne ci-dessous le site Internet de cette association, qui comprend un annuaire de professionnels formés et qui présente la méthode.

Cordialement,

Le modérateur.

Profil supprimé - 29/06/2011 à 12h59

Merci de ce long méssage et pour cette bonne analyse au sujet de notre situation. Je vous répondrai plus longuement un peu plus tard. Merci aussi pour le cite de l'EMDR. A
bientôt. Cordialement

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